Le
vieillissement est-il une maladie -
Paul Antoine MIQUEL, Philosophe  |
Du rasoir
de la sélection naturelle au scalpel du
médecin
On peut partir d’un paradoxe épistémologique bien connu.
Le
vieillissement n’est pas une maladie, du moins pas si nous nous situons
au niveau de l’organisme. Tous les organismes en effet vieillissent
lorsqu’ils dépassent la phase au cours de laquelle ils se reproduisent.
Donc comprendre comment se déclenchent l’arthrose, le cancer, les
maladies cardio-vasculaires ou encore les maladies de Parkinson ou
d’Alzheimer, ne suffit pas pour penser le problème du vieillissement.
Ce premier point est très important.
Comme les sciences expérimentales
prennent une forme de plus en plus technique et de plus en plus
inféodée à des impératifs pragmatiques ./..
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La
société désorientée -
Michel
BILLÉ, Sociologue  |
RESUME
Qu’est-ce que la sociologie peut apporter de particulier dans cette
réflexion sur le temps ?
Sans doute une exploration du rapport que collectivement nous
entretenons avec le temps. Le temps c’est de l’argent.
Faisant du temps
une marchandise qui s’achète et se vend, c’est la vie elle-même qui
devient marchandise. Notre rapport au temps s’est inversé, ce qui le
structure désormais c’est la négation de la durée, la valorisation de
l’instant, de l’éphémère et une projection frénétique dans le futur.
Dans ce contexte vieillir a-t-il encore un sens ?
Peut-être avons-nous
à comprendre certains troubles, certaines pathologies qui accompagnent
parfois la vieillesse comme les symptômes, portés par des individus,
d’un mal collectif dont nous sommes sociétalement porteurs. Nous vivons
dans une société désorientée qui souffre de problèmes de mémoire
collective, de désorientation dans le temps et dans l’espace./..
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Dédoublement
des temps et recherche d'équilibre -
Jean-Pierre
GARNIER-MALET  |
RESUME
La théorie du dédoublement de l’espace et du temps permet d’affirmer
que nous avons tous un double.
Imperceptible mais pourtant bien réel, cet autre nous-même peut nous
guider à chaque instant, pourvu que l’on sache établir avec lui une
relation constructive.
La vitesse de l’écoulement du temps est variable. Sans jamais être
discontinu, le temps s’accélère dans des ouvertures imperceptibles qui
permettent à chaque instant d’échanger des informations avec le passé
et le futur./..
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Cachez-moi
ce rien que je ne saurais voir ! -
Gidas ROUVILLOIS, Conseil
scientifique
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La peur du
vide est une tradition bien ancrée dans la
mentalité occidentale:
"la Nature a horreur du vide ". (Aristote, Physique, Livre 4)
"le Silence éternel de ces espaces infinis m'effraie " .
( Blaise Pascal, à propos du vide intersidéral ).
A son tour, Paul
Valéry entre dans la danse avec une strophe du Cimetière Marin
"ô pour moi seul, à moi seul, en moi-même
"Auprès d'un coeur, aux sources du poème
"Entre le vide et l'événement pur
"J'attends l'écho de ma grandeur interne
"Amère, sombre et sonore citerne
"Sonnant dans l'âme un creux toujours futur."
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Le
temps, la causalité intégrative et la maladie d'Alzheimer
-
Professeur Jean-Pierre
CLÉMENT, Psychiatre
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RESUME
Parler du temps dans le contexte de la « maladie d’Alzheimer » ou des «
syndromes » qui lui sont « apparentés » (MASA), selon la formule
maintenant consacrée, doit d’abord envisager le temps dans une
perspective chronobiologique. Cependant, cela demande aussi que soit
précisée la définition de la démence, d’une part dans son acceptation
sémantique, et d’autre part dans une acceptation psychodynamique, même
si cette dernière est moins consensuelle.
La vie humaine est animée par différents rythmes biologiques qui jouent
un rôle déterminant dans l’homéostasie et dans le statut social.
La démence, maladie du cerveau, est aussi un temps accumulé. Avant la
maladie, il y a l’enfance. C’est le temps le plus précieux. C’est
durant l’enfance que se construit le caractère en interaction avec le
tempérament pour aboutir à la personnalité./..
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La
maladie d'Alzheimer, une maladie du cerveau,
une maladie de
l'être
-
Professeur Michel
PONCET  |
RESUME
Hier et aujourd'hui.
La première partie de mon exposé traitera de l'évolution, au cours du
temps, de nos conceptions sur cette maladie. En 1906 et ce jusqu'aux
années 80 : une maladie rare du sujet "jeune" ; en 2007 : une maladie
très fréquente du sujet âgé qui est un vrai enjeu de santé publique.
Les données actuelles sur sa nature, sa physiopathologie, ses causes,
ses traitements seront brièvement présentées.
La deuxième partie sera
consacrée a montrer que cette maladie du cerveau, qui peut pendant de
nombreuses années altérer les fonctions cognitives sans atteindre la
conscience que l'on a de soi et des autres, évolue toujours vers un
état démentiel. Après le temps "maladie du cerveau" vient le temps
"maladie de l'être" ; après le temps "neurologique" de la maladie, le
temps "neuropsychiatrique" ; après le temps "maladie de l'avoir" celui
de la "maladie de l'être".
Demain.
Pour conclure seront présentées les recherches actuelles sur la maladie
et son traitement et sur les perspectives quant à la prise en charge
des patients aux stades démentiels./..
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La
maladie d'Alzheimer : un non sens et une perte de temps !
Docteur
Jean MAISONDIEU, Psychiatre  |
RÉSUMÉ
Pour le dictionnaire, la pédiatrie traite des maladies des enfants
alors que la gériatrie est la médecine de la vieillesse. Cette
différence des définitions révèle un artefact pathogène : si un jeune
est en bonne santé quand il n’a pas de maladie, en revanche même s’il
n’a pas de maladie un vieux n’est jamais en bonne santé. Il est atteint
d’un mal incurable : la vieillesse. Le message implicite de cette
inscription de l’avancée en âge dans le champ du pathologique dès qu’on
peut l’appeler vieillesse est que quand on a fait son temps : on a fait
son temps!
Ceux qui trop visiblement vieux, ont dépassé la limite d’âge
raisonnable pour continuer à être considérés comme étant de leur temps,
n’ont plus qu’à tuer le temps s’ils ne veulent pas mettre fin à leurs
jours. Ils le font en ne s’inscrivant plus dans le temps chronologique,
ce temps à sens unique qui passe irréversiblement. Ils gaspillent leurs
jours en trop dans la monotonie et la répétition d’un temps circulaire,
d’un temps arrêté qui paraît infiniment long de n’être plus qu’un temps
pour rien, parce qu’étant sans direction, il n’a pas de sens et n’offre
aucune ouverture sur la créativité. Renvoyés dans leur passé, faute
d’être acceptés au temps présent et faute de pouvoir envisager
l’avenir, ils s’ennuient et ils ennuient, n’ayant finalement pour toute
activité que d’errer dans leurs souvenirs à la recherche du temps
perdu. On dit qu’ils ont la maladie d’Alzheimer, alors que, désorientés
d’être exclus du temps qui passe et désorientants de confondre hier et
aujourd'hui, sans vouloir penser à demain, ils ne font que montrer
combien c’est un non-sens et une perte de temps pour l’homme moderne
que de s’entêter à ne pas admettre que “ce n’est pas le temps qui
passe, c’est nous qui passons”
MOTS CLES : Maladie d’Alzheimer; temps, langage, mort, suicide ./..
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